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2011-10-21T01:09:00+02:00

Soirs hypocondriaques

Publié par Stéphanie
Soirs hypocondriaques

Parfois je prends mon front blêmi
Sous des impulsions tragiques
Quand le clavecin a frémi,

Et que les lustres léthargiques
Plaquent leurs rayons sur mon deuil
Avec les sons noirs des musiques.

Et les pleurs mal cachés dans l’œil
Je cours affolé par les chambres
Trouvant partout que triste accueil ;

Et de grands froids glacent mes membres :
Je cherche à me suicider
Par vos soirs affreux, ô Décembres !

Anges maudits, veuillez m’aider !

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2011-10-21T01:08:00+02:00

La Vierge noire

Publié par Stéphanie
La Vierge noire

Elle a les yeux pareils à d’étranges flambeaux
Et ses cheveux d’or faux sur ses maigres épaules,
Dans des subtils frissons de feuillages de saules,
L’habillent comme font les cyprès des tombeaux.

Elle porte toujours ses robes par lambeaux,
Elle est noire et méchante ; or qu’on la mette aux geôles,
Qu’on la batte à jamais à grands fouets de tôles.
Gare d’elle, mortels, c’est la chair des corbeaux !

Elle m’avait souri d’une bonté profonde,
Je l’aurais crue aimable et sans souci du monde
Nous nous serions tenus, Elle et moi par les mains.

Mais, quand je lui parlai, le regard noir d’envie,
Elle me dit : tes pas ont souillé mes chemins.
Certes tu la connais, on l’appelle la Vie !

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2011-10-21T01:07:00+02:00

La terrasse aux spectres

Publié par Stéphanie
La terrasse aux spectres

Alors que je revois la lugubre terrasse
Où d’un château hanté se hérissent les tours,
L’indescriptible peur des spectres d’anciens jours
Traverse tout mon être et soudain me terrasse.

C’est que mon œil aux soirs dantesquement embrasse
Quelque feu fantastique errant aux alentours
Alors que je revois la lugubre terrasse
Où d’un château hanté se hérissent les tours.

Au bruit de la fanfare une infernale race
Revient y célébrer ses posthumes amours,
Dames et cavaliers aux funèbres atours
À diurne éclipsés sans vestige de trace

Alors que je revois la lugubre terrasse.

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2011-10-21T01:06:00+02:00

Le spectre

Publié par Stéphanie
Le spectre

Il s’est assis aux soirs d’hiver
En mon fauteuil de velours vert
Près de l’âtre,
Fumant dans ma pipe de plâtre,
Il s’est assis un spectre grand
Sous le lustre de fer mourant
Derrière mon funèbre écran,

Il a hanté mon noir taudis
Et ses soliloques maudits
De fantôme
L’ont empli d’étrange symptôme.
Me diras-tu ton nom navrant,
Spectre ? Réponds-moi cela franc
Derrière le funèbre écran.

Quand je lui demandai son nom
La voix grondant comme un canon
Le squelette
Crispant sa lèvre violette
Debout et pointant le cadran
Le hurla d’un cri pénétrant
Derrière mon funèbre écran.

Je suis en tes affreuses nuits,
M’a dit le Spectre des Ennuis,
Ton seul frère.
Viens contre mon sein funéraire
Que je t’y presse en conquérant.
Certes à l’heure j’y cours tyran
Derrière mon funèbre écran.

Claquant des dents, féroce et fou,
Il a détaché de son cou
Une écharpe,
De ses doigts d’os en fils de harpe,
Maigres, jaunes comme safran
L’accrochant à mon cœur son cran,
Derrière le funèbre écran.

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2011-10-21T01:05:00+02:00

Le chat fatal

Publié par Stéphanie
Le chat fatal

Un soir que je fouillais maint tome
Y recherchant quelque symptôme
De morne idée, un chat fantôme
Soudain sur moi sauta,
Sauta sur moi de façon telle
Que j’eus depuis en clientèle
Des spasmes d’angoisse immortelle
Dont l’enfer me dota.

J’étais très sombre et j’étais ivre
Et je cherchais parmi ce livre
Ce qu’ici-bas parfois délivre,
De nos âcres soucis.
Il me dit lors avec emphase
Que je cherchais la vaine phrase
Que j’étais fou comme l’extase
Où je rêvais assis.

Je me levai dans mon encombre
Et j’étais ivre et j’étais sombre.
Lui vint danser au fond de l’ombre,
Je brandissais mon cœur :
Et je pleurais : démon funèbre,
Va-t-en, retourne en le ténèbre
Mais lui, par sa mode célèbre,
Faisait gros dos moqueur.

Ma jussion le fit tant rire,
Que j’en tombai pris de délire,
Et je tombai, mon cœur plein d’ire
Sur le parquet roulant.
Le chat happa sa proie alerte,
Mangea mon cœur, la gueule ouverte,
Puis s’en alla haut de ma perte
Tout joyeux miaulant.

Il est depuis son vol antique
Resté cet hôte fantastique
Que je tuerais, si la panique
Ne m’atterrait vraiment ;
Il rejoindrait mes choses mortes
Si j’en avais mains assez fortes
Ah ! mais je heurte en vain les portes
De mon massif tourment.

Pourtant, pourtant parfois je songe
Au pauvre cœur que sa dent ronge
Et rongera tant que mensonge
Engouffrera les jours,
Tant que la femme sera fausse.
Puisque ton soulier noir me chausse,
Ô Vie, ouvre-moi donc la fosse
Que j’y danse à toujours !

Cette terreur du chat me brise ;
J’aurai bientôt la tête grise
Rien qu’à songer que son poil frise,
Frise mon corps glacé.
Et plein d’une crise émouvante
Les cheveux dressés d’épouvante
Je cours ma chambre qui s’évente
Des horreurs du passé.

Mortels, âmes glabres de bêtes,
Vous les aurez aussi ces fêtes,
Vous en perdrez les cœurs, les têtes,
Quand viendra l’hôte noir
Vous griffer tous comme à moi-même
Selon qu’il fit dans la nuit blême
Où je rimai l’étrange thème
Du chat du Désespoir !

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2011-10-21T01:04:00+02:00

Le suicide d’Angel Valdar

Publié par Stéphanie
Le suicide d’Angel Valdar


À Wilfrid Larose

I

Le vieil Angel Valdor épousait dans la nef,
En Avril, sa promise aux yeux noirs, au blond chef.

Le soleil harcelait de flèches empourprées
Le vitrail, ce miroir des Anges aux Vesprées.

Et, partout, l’on disait en les voyant ainsi
S’en aller triomphants, qu’ils vivraient sans souci,

Que leur maison serait comme un temple au dimanche
L’amour officiant dans sa chasuble blanche.

Le sonneur, en Avril, épousait dans la nef
Sa jeune fiancée aux yeux noirs, au blond chef.

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2011-10-21T01:03:00+02:00

Maints soirs

Publié par Stéphanie
Maints soirs

Maints soirs nous errons dans le val
Que vont drapant les heures grises.
Des pleurs perlent ses yeux d’alises
Quand elle ouït les Cydalises
De ce dieu que fut de Nerval.

Ah ! voudrait-elle en long vol d’or
Les rejoindre dans des domaines
Plus vastes que les cours romaines
Où par d’éternelles semaines
La coupe de Volupté dort ;

Ou bien donc ouvrir son printemps
Aux fureurs des fatals cyclones
Qui croulent comme des colonnes
Parmi les chastes Babylones
Du cœur des Belles de vingt ans ?

Oui chère, que ton cœur est beau !
Laisses-y choir des blancs jours lestes,
Fuis la ville, ignore ses pestes.
Tu ne seras près des Célestes
Que le plus loin de son tombeau.

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2011-10-21T01:02:00+02:00

Qu’elle est triste...

Publié par Stéphanie
Qu’elle est triste...

Qu’elle est triste en Octobre avec sa voix pourprée
La Vesprée !

Ses funérailles las ! enamourent les choses
Trop moroses.

En chambre rose et blanche une vierge repose
Blanche et rose.

Et le hameau se tait. Les bergers qui reviennent
Se souviennent

Dans la marche des monts parmi le ranz des sources
De ses courses

D’autrefois avec eux. Archange bucolique
Ô relique

D’enfance à jamais douce ! Un d’entre eux là ne parle.
C’est Fritz. Car le

Vieux chevrier, le roi des chèvres vagabondes
Près des ondes,

L’aima. Qu’il la déplore ! Il était son égide
Bloc rigide

Contre lequel les Temps avaient usé leur lime.
Le sublime

Vieillard pleurait sa mort comme une fleur de neige.
Un cortège

S’est formé. Deux bras lourds l’amènent en chapelle.
Une pelle

Dans le souterrain creuse un exil de la vie
Qu’ont suivie

Tous mes pas douloureux. Elle gît là en terre,
Solitaire.

Je l’entends dans mon rêve. Elle pleure en les cloches
Aux approches

Du soir. J’ai gardé d’elle un souvenir de frère,
Lutte chère

Avec l’autre d’antan. Chez moi, douleur n’est fraîche
Elle est sèche

De ce feu qui l’embrase en ses rouges fournaises
Dans les braises.

Douleur où j’ai tant soif que je boirais les mondes
Et leurs ondes.

Douleurs où je péris comme un lys sur console
Sans parole ...

Qu’elle est triste en Octobre avec sa voix pourprée
La Vesprée !

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2011-10-21T01:01:00+02:00

Château rural

Publié par Stéphanie
Château rural

J’eus ce rêve. Elle a vingt ans, je n’en ai pas moins ;
Nous habiterons ces chers coins
Qu’embaumeront ses soins.

Ce sera là tout près, oui, rien qu’au bas du val ;
Nous aurons triple carnaval :
Maison, coq et cheval.

Elle a l’œil de l’azur, tout donc y sera bleu :
Pignon, chassis, seuil, porte, heu !
Dedans peut-être un peu.

Elle a cheveux très blonds, nous glanerons épis,
Soleil, printemps, beaux jours, foin, lys
Et l’amour sans dépits.

Sans doute, elle m’aura, m’ayant vu si peu gai –
Ne fût-ce que pour me narguer –
Un ange délégué !

Brusque je m’éveillai. Là-bas au jour qui gagne
Gaulois pleurait dans la campagne
Son poulailler d’Espagne !

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2011-10-21T00:59:00+02:00

Virgilienne

Publié par Stéphanie
Virgilienne

Octobre étend son soir de blanc repos
Comme une ombre de mère morte.

Les chevriers du son de leurs pipeaux
Semblent railler la brise forte.

Mais l’un s’est tu. L’instrument de ses lèvres
Soudain se dégage à mes pas,

Celui-là sait mon amour pour ses chèvres
Que j’aime à causer aux soirs bas.

Je le respecte... il est vieux, c’est assez ;
Puis, c’est mon trésor bucolique.

Ce centenaire a tout peuplé de ses
Conseils mon cœur mélancolique.

Nous veillons tels très parfois à nuit brune
Aux intermèdes prompts et doux

Du pipeau qui chevrote à clair de lune
Sa vieille sérénade aux houx !

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