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alfred garneau (1836-1904)

2011-06-15T00:10:00+02:00

Alfred GARNEAU (1836-1904) Poète fol

Publié par Stéphanie
Alfred GARNEAU (1836-1904)


Poète fol

C'est, par les airs, un entassement sombre
De nuages. Horrible mont !
L'étang joncheux, miroir d'un val profond,
S'est éteint dans un reflet d'ombre.

Comme vite au jour pâle vont,
Là-haut, ces vols d'ailes noires sans nombre !
Un éclair heurte une nuée, et sombre !
Et tout le ciel en eau se fond...

Mais le poète a doux martel en tête.
Ses yeux rêveurs ne voient pas la tempête
Ruisseler aux sentiers couverts,

Ni les vents tordre en un chaos les branches.
Enveloppé de foudre aux flammes blanches,
Il cisèle, impassible, un vers.

Voir les commentaires

2011-06-15T00:10:00+02:00

Alfred GARNEAU (1836-1904) Poète fol

Publié par Stéphanie
Alfred GARNEAU (1836-1904)


Poète fol

C'est, par les airs, un entassement sombre
De nuages. Horrible mont !
L'étang joncheux, miroir d'un val profond,
S'est éteint dans un reflet d'ombre.

Comme vite au jour pâle vont,
Là-haut, ces vols d'ailes noires sans nombre !
Un éclair heurte une nuée, et sombre !
Et tout le ciel en eau se fond...

Mais le poète a doux martel en tête.
Ses yeux rêveurs ne voient pas la tempête
Ruisseler aux sentiers couverts,

Ni les vents tordre en un chaos les branches.
Enveloppé de foudre aux flammes blanches,
Il cisèle, impassible, un vers.

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2011-06-15T00:09:00+02:00

Alfred GARNEAU (1836-1904) La Jeune Baigneuse

Publié par Stéphanie
Alfred GARNEAU (1836-1904)


La Jeune Baigneuse

L'aube sur la baie éclatante
Se joue encor,
Et sème au loin l'eau palpitante
D'écailles d'or.

Déjà le cap Percé rayonne:
Sur ses pieds bleus
Le flux rejaillant résonne
Harmonieux.

O beau rocher ! tes blanches lignes
Courent dans l'air,
Puis s'enfoncent comme des cygnes
Dans le flot clair !

En longues flammes frissonneuses,
Sous ton arceau
Pendant des mousses lumineuses
Au fil de l'eau.

Silence !... Une baigneuse blonde,
Seule en ce lieu,
Rit et se fait des plis de l'onde
Un voile bleu.

Voici qu'une vague s'avance
En folâtrant ;
Conque humide, elle se balance
Dans le courant.

La joueuse qu'elle a frôlée
Rit aux éclats,
Et roule, bruyante et perlée,
Dans l'eau lilas.

O fraîcheur divine ! ô délices !...
Ses doigts joyeux
Ouvrent frileusement les lisses
De ses cheveux.

Ainsi, quand les pleurs de l'aurore
Baignent son sein,
Frémit l'iris qui se colore
Sur le bassin.

Dans l'écume une écaille rose
Pend au rocher...
Elle vole, s'écrie et n'ose
La détacher ;

Car, au long de la pierre humide,
Effroi soudain !
Une lame a sauté rapide
Jusqu'à sa main.

Qu'elle a de plaisir !... Enfantine !
Elle est debout,
Plus vermeille qu'une églantine
De la fin d'août.

Sa chevelure que l'air roule,
- Voile ingénu -
Fléchit sur son col, puis se moule
A son flanc nu,

Et bat l'eau. Par l'arceau de roche,
L'astre naissant
Dans ces plis longs et frais décoche
Un trait perçant.

Couvrant d'une main qui ruisselle
Son oeil châtain,
Ah !... la baigneuse au vent chancelle
Et sort du bain !

Près d'elle, une abeille sauvage,
Fille du ciel,
S'abat, laissant sur son passage
L'odeur du miel.

L'enfant la voit... " L'abeille est lasse
De voltiger ! "
Dit-elle, et, comme un souffle, passe
D'un pied léger.

A peine, sur la marge étroite
De galets bruns,
Effleure-t-elle le jonc moite,
Plein de parfums...

Au loin, d'une aile soleilleuse,
Un goéland
Rase au bord la grève écailleuse
En s'envolant.

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2011-06-15T00:09:00+02:00

Alfred GARNEAU (1836-1904) La Jeune Baigneuse

Publié par Stéphanie
Alfred GARNEAU (1836-1904)


La Jeune Baigneuse

L'aube sur la baie éclatante
Se joue encor,
Et sème au loin l'eau palpitante
D'écailles d'or.

Déjà le cap Percé rayonne:
Sur ses pieds bleus
Le flux rejaillant résonne
Harmonieux.

O beau rocher ! tes blanches lignes
Courent dans l'air,
Puis s'enfoncent comme des cygnes
Dans le flot clair !

En longues flammes frissonneuses,
Sous ton arceau
Pendant des mousses lumineuses
Au fil de l'eau.

Silence !... Une baigneuse blonde,
Seule en ce lieu,
Rit et se fait des plis de l'onde
Un voile bleu.

Voici qu'une vague s'avance
En folâtrant ;
Conque humide, elle se balance
Dans le courant.

La joueuse qu'elle a frôlée
Rit aux éclats,
Et roule, bruyante et perlée,
Dans l'eau lilas.

O fraîcheur divine ! ô délices !...
Ses doigts joyeux
Ouvrent frileusement les lisses
De ses cheveux.

Ainsi, quand les pleurs de l'aurore
Baignent son sein,
Frémit l'iris qui se colore
Sur le bassin.

Dans l'écume une écaille rose
Pend au rocher...
Elle vole, s'écrie et n'ose
La détacher ;

Car, au long de la pierre humide,
Effroi soudain !
Une lame a sauté rapide
Jusqu'à sa main.

Qu'elle a de plaisir !... Enfantine !
Elle est debout,
Plus vermeille qu'une églantine
De la fin d'août.

Sa chevelure que l'air roule,
- Voile ingénu -
Fléchit sur son col, puis se moule
A son flanc nu,

Et bat l'eau. Par l'arceau de roche,
L'astre naissant
Dans ces plis longs et frais décoche
Un trait perçant.

Couvrant d'une main qui ruisselle
Son oeil châtain,
Ah !... la baigneuse au vent chancelle
Et sort du bain !

Près d'elle, une abeille sauvage,
Fille du ciel,
S'abat, laissant sur son passage
L'odeur du miel.

L'enfant la voit... " L'abeille est lasse
De voltiger ! "
Dit-elle, et, comme un souffle, passe
D'un pied léger.

A peine, sur la marge étroite
De galets bruns,
Effleure-t-elle le jonc moite,
Plein de parfums...

Au loin, d'une aile soleilleuse,
Un goéland
Rase au bord la grève écailleuse
En s'envolant.

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2011-06-15T00:08:00+02:00

Alfred GARNEAU (1836-1904) Croquis

Publié par Stéphanie
Alfred GARNEAU (1836-1904)


Croquis

Je cherchais, à l'aurore, une fleur peu connue,
Pâle fille des bois et de secrets ruisseaux,
Des sources de cristal aux murmurantes eaux,
Enchaînèrent mes pas et surprirent ma vue.

Ô fraîche cascatelle ! En légers écheveaux,
Son onde s'effilait, blanche, à la roche nue,
Puis, sous un rayon d'or un moment retenue,
Elle riait au ciel entre ses bruns roseaux !

Et comme j'inclinais quelques tiges mutines,
Sans bruit, l'oreille ouverte aux rumeurs argentines,
Pareilles aux soupirs d'un luth mystérieux,

Soudain, glissant vers moi sur son aile inquiète
À travers les rameaux, doux et penchant sa tête,
Un rossignol vint boire au flot harmonieux.

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2011-06-15T00:08:00+02:00

Alfred GARNEAU (1836-1904) Devant la grille du cimetière

Publié par Stéphanie
Alfred GARNEAU (1836-1904)


Devant la grille du cimetière

La tristesse des lieux sourit, l'heure est exquise.
Le couchant s'est chargé des dernières couleurs,
Et devant les tombeaux, que l'ombre idéalise,
Un grand souffle mourant soulève encor les fleurs.

Salut, vallon sacré, notre terre promise !...
Les chemins sous les ifs, que peuplent les pâleurs
Des marbres, sont muets ; dans le fond, une église
Monte son dôme sombre au milieu des rougeurs.

La lumière au-dessus plane longtemps vermeille...
Sa bêche sur l'épaule, entre les arbres noirs,
Le fossoyeur repasse, il voit la croix qui veille,

Et de loin, comme il fait sans doute tous les soirs,
Cet homme la salue avec un geste immense...
Un chant très doux d'oiseau vole dans le silence.

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2011-06-15T00:08:00+02:00

Alfred GARNEAU (1836-1904) Croquis

Publié par Stéphanie
Alfred GARNEAU (1836-1904)


Croquis

Je cherchais, à l'aurore, une fleur peu connue,
Pâle fille des bois et de secrets ruisseaux,
Des sources de cristal aux murmurantes eaux,
Enchaînèrent mes pas et surprirent ma vue.

Ô fraîche cascatelle ! En légers écheveaux,
Son onde s'effilait, blanche, à la roche nue,
Puis, sous un rayon d'or un moment retenue,
Elle riait au ciel entre ses bruns roseaux !

Et comme j'inclinais quelques tiges mutines,
Sans bruit, l'oreille ouverte aux rumeurs argentines,
Pareilles aux soupirs d'un luth mystérieux,

Soudain, glissant vers moi sur son aile inquiète
À travers les rameaux, doux et penchant sa tête,
Un rossignol vint boire au flot harmonieux.

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2011-06-15T00:08:00+02:00

Alfred GARNEAU (1836-1904) Devant la grille du cimetière

Publié par Stéphanie
Alfred GARNEAU (1836-1904)


Devant la grille du cimetière

La tristesse des lieux sourit, l'heure est exquise.
Le couchant s'est chargé des dernières couleurs,
Et devant les tombeaux, que l'ombre idéalise,
Un grand souffle mourant soulève encor les fleurs.

Salut, vallon sacré, notre terre promise !...
Les chemins sous les ifs, que peuplent les pâleurs
Des marbres, sont muets ; dans le fond, une église
Monte son dôme sombre au milieu des rougeurs.

La lumière au-dessus plane longtemps vermeille...
Sa bêche sur l'épaule, entre les arbres noirs,
Le fossoyeur repasse, il voit la croix qui veille,

Et de loin, comme il fait sans doute tous les soirs,
Cet homme la salue avec un geste immense...
Un chant très doux d'oiseau vole dans le silence.

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