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charles gill (1871-1918)

2011-06-15T00:36:00+02:00

Charles GILL (1871-1918) Vive la Canadienne

Publié par Stéphanie
Charles GILL (1871-1918)


Vive la Canadienne

Dans maint pays, la voix du peuple entonne
L'hymne national pour fêter la couronne,
Ou la révolte, ou le sinistre airain
Qui gronde et tue en la sanglante plaine.
Plus poétique est notre gai refrain :
Vive la Canadienne !
Nous préférons chanter sur des rythmes joyeux,
Parmi tant de bonheurs que le sort nous enlève,
Le charme délicat et troublant des beaux yeux
Qui planent sur notre âme en y versant leur rêve,
Et, dans l'ombre morose étincellent pour nous ;
Ils semblent refléter, aux feux de leurs prunelles,
De nos soleils absents les splendeurs immortelles,
Vivent la Canadienne et ses jolis yeux doux !

Restés Français par la galanterie,
Ensemble nous fêtons la femme et la patrie.
Si la vertu n'est pas un vague mot,
Notre chanson n'est frivole ni vaine ;
Et l'avenir le prouvera bientôt...
Vive la Canadienne !
Pour saluer l'orgueil des drapeaux outragés
Qui flottent, solennels, dans les grands jours de fièvre,
Elle sait l'art des chants tragiques ou légers ;
Et les fiers souvenirs frissonnent sur sa lèvre.
Nous mettons un espoir sublime à ses genoux,
Car c'est en bon français qu'elle nous dit : Je t'aime...
Entre ses bras divins s'écrit notre poème.
Vivent la Canadienne et ses jolis yeux doux !

Nos conquérants ont flétri leur histoire.
Aussi, le justicier qui mesure la gloire
Des nations et leur iniquité,
Saura venger notre soeur acadienne
Au tribunal de la postérité...
Vive la Canadienne !
Ils ont fait arracher, magnanimes vainqueurs,
L'amoureux à la vierge, et l'époux à la femme,
Et l'enfant à la mère ; ils ont brisé des coeurs.
Ils ont, pour effrayer l'opprimé qui réclame,
Dressé des échafauds et forgé des verrous.
Mais ce n'est pas assez pour qu'une France tombe !
Ils ont en vain creusé dans leur nuit notre tombe.
Vivent la Canadienne et ses jolis yeux doux !

En supprimant notre langue à l'école,
Ils ont cru vers leur port fausser notre boussole ;
Ils ont pensé pouvoir briser le sceau
Éblouissant de la patrie ancienne,
Que nous portons au front dès le berceau.
Vive la Canadienne !
Qui donc empêchera, dans les roses printemps,
Les jeunesses qui vont jaser sous les érables
D'échanger en français, à l'aube des vingt ans,
Les éternels serments des amours périssables.
Une école demeure : ils se rappellent tous
Les mots harmonieux des tendresses premières,
Quand ils sautaient, bambins, sur les genoux des mères.
Vivent la Canadienne et ses jolis yeux doux !

Moins que jamais notre horizon est sombre.
Le sol natal est vaste et nous gagnons en nombre ;
Malgré ceux-là qu'une terre d'exil
Vers l'industrie et l'aventure entraîne,
Chaque an de plus amoindrit le péril.
Vive la Canadienne !
Notre sol, aux vainqueurs le travail le reprend :
Le Canadien, soldat de la sublime guerre
Qui vainc la forêt vierge, est le vrai conquérant ;
Il arrache la vie aux trésors de la terre.
Dans ces rudes chemins la femme suit l'époux ;
Elle va près de lui, simple, héroïque et pure,
Demander l'avenir à la grande Nature.
Vivent la Canadienne et ses jolis yeux doux !

Sur les sentiers où vont nos destinées
Combien de pauvres fleurs hélas ! gisent fanées ;
Mais il en est dont les grands vents du Nord
N'ont pas terni la beauté souveraine :
Nous saurons bien les ravir à la mort...
Vive la Canadienne !
Fils d'Albion ! Dieu mit des obstacles sacrés
Devant nos coeurs français qui narguent les conquêtes.
Notre peuple, jamais vous ne l'engloutirez
Dans l'océan vorace où grondent vos tempêtes.
Vous n'étoufferez pas, sous un jargon jaloux,
La langue maternelle, élégante et sonore !
Vous n'éteindrez jamais l'astre de notre aurore :
La Canadienne aux beaux yeux doux !

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2011-06-15T00:36:00+02:00

Charles GILL (1871-1918) Vive la Canadienne

Publié par Stéphanie
Charles GILL (1871-1918)


Vive la Canadienne

Dans maint pays, la voix du peuple entonne
L'hymne national pour fêter la couronne,
Ou la révolte, ou le sinistre airain
Qui gronde et tue en la sanglante plaine.
Plus poétique est notre gai refrain :
Vive la Canadienne !
Nous préférons chanter sur des rythmes joyeux,
Parmi tant de bonheurs que le sort nous enlève,
Le charme délicat et troublant des beaux yeux
Qui planent sur notre âme en y versant leur rêve,
Et, dans l'ombre morose étincellent pour nous ;
Ils semblent refléter, aux feux de leurs prunelles,
De nos soleils absents les splendeurs immortelles,
Vivent la Canadienne et ses jolis yeux doux !

Restés Français par la galanterie,
Ensemble nous fêtons la femme et la patrie.
Si la vertu n'est pas un vague mot,
Notre chanson n'est frivole ni vaine ;
Et l'avenir le prouvera bientôt...
Vive la Canadienne !
Pour saluer l'orgueil des drapeaux outragés
Qui flottent, solennels, dans les grands jours de fièvre,
Elle sait l'art des chants tragiques ou légers ;
Et les fiers souvenirs frissonnent sur sa lèvre.
Nous mettons un espoir sublime à ses genoux,
Car c'est en bon français qu'elle nous dit : Je t'aime...
Entre ses bras divins s'écrit notre poème.
Vivent la Canadienne et ses jolis yeux doux !

Nos conquérants ont flétri leur histoire.
Aussi, le justicier qui mesure la gloire
Des nations et leur iniquité,
Saura venger notre soeur acadienne
Au tribunal de la postérité...
Vive la Canadienne !
Ils ont fait arracher, magnanimes vainqueurs,
L'amoureux à la vierge, et l'époux à la femme,
Et l'enfant à la mère ; ils ont brisé des coeurs.
Ils ont, pour effrayer l'opprimé qui réclame,
Dressé des échafauds et forgé des verrous.
Mais ce n'est pas assez pour qu'une France tombe !
Ils ont en vain creusé dans leur nuit notre tombe.
Vivent la Canadienne et ses jolis yeux doux !

En supprimant notre langue à l'école,
Ils ont cru vers leur port fausser notre boussole ;
Ils ont pensé pouvoir briser le sceau
Éblouissant de la patrie ancienne,
Que nous portons au front dès le berceau.
Vive la Canadienne !
Qui donc empêchera, dans les roses printemps,
Les jeunesses qui vont jaser sous les érables
D'échanger en français, à l'aube des vingt ans,
Les éternels serments des amours périssables.
Une école demeure : ils se rappellent tous
Les mots harmonieux des tendresses premières,
Quand ils sautaient, bambins, sur les genoux des mères.
Vivent la Canadienne et ses jolis yeux doux !

Moins que jamais notre horizon est sombre.
Le sol natal est vaste et nous gagnons en nombre ;
Malgré ceux-là qu'une terre d'exil
Vers l'industrie et l'aventure entraîne,
Chaque an de plus amoindrit le péril.
Vive la Canadienne !
Notre sol, aux vainqueurs le travail le reprend :
Le Canadien, soldat de la sublime guerre
Qui vainc la forêt vierge, est le vrai conquérant ;
Il arrache la vie aux trésors de la terre.
Dans ces rudes chemins la femme suit l'époux ;
Elle va près de lui, simple, héroïque et pure,
Demander l'avenir à la grande Nature.
Vivent la Canadienne et ses jolis yeux doux !

Sur les sentiers où vont nos destinées
Combien de pauvres fleurs hélas ! gisent fanées ;
Mais il en est dont les grands vents du Nord
N'ont pas terni la beauté souveraine :
Nous saurons bien les ravir à la mort...
Vive la Canadienne !
Fils d'Albion ! Dieu mit des obstacles sacrés
Devant nos coeurs français qui narguent les conquêtes.
Notre peuple, jamais vous ne l'engloutirez
Dans l'océan vorace où grondent vos tempêtes.
Vous n'étoufferez pas, sous un jargon jaloux,
La langue maternelle, élégante et sonore !
Vous n'éteindrez jamais l'astre de notre aurore :
La Canadienne aux beaux yeux doux !

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2011-06-15T00:33:00+02:00

Charles GILL (1871-1918) Premier amour

Publié par Stéphanie
Charles GILL (1871-1918)


Premier amour

I

Nous nous étions connus tout petits à l'école.
Comme son père était de mon père voisin,
Nous partions tous les deux sac au dos le matin
Nos têtes s'encadraient d'une même auréole.

Dans la rose candeur du sourire enfantin,
Nous étions bons amis. Quand les flots du Pactole
Roulaient chez l'un de nous, par hasard, une obole,
Nous divisions toujours en deux parts le festin.

Souvent, aux lendemains de mes fainéantises,
Me laissant consulter en route son devoir,
Elle sut m'épargner l'horreur du cachot noir.

Moi, je grimpais pour elle à l'arbre des cerises,
Pour elle je pillais la vigne et le pommier,
Et je la défendais comme un bon chevalier.

II

Plus tard, à l'âge d'or où dans notre poitrine
Vibre l'enchantement des frissons amoureux,
A l'âge où l'on s'égare au fond des rêves bleus,
Sans songer à demain et ce qu'il nous destine,

Sous les érables du grand parc, à la sourdine,
Nous nous cachions, loin des oreilles et des yeux,
Et, son front virginal penché sur mes cheveux,
Ensemble nous lisions le divin Lamartine.

Oui ! nous avons vécu l'âge de nos seize ans
Où le coeur entend mieux ce que la lyre exprime,
Parmi les vers d'amour frappés au coin sublime.

Oui ! nous avons connu les baisers innocents,
Sur le lac de cristal que la nacelle effleure,
Devant le livre ouvert à la page où l'on pleure.


III

Comme ils coulaient heureux ces beaux jours d'autrefois !
Comme nous nous aimions avec nos âmes blanches !
Dans les sentiers discrets émaillés de pervenches
Qu'épargnaient en passant ses brodequins étroits,

Nous allions écouter l'harmonieuse voix
Des souffles attiédis qui chantaient dans les branches ;
Nous mêlions au murmure infini des grands bois
L'écho de nos serments et de nos gaîtés franches.

Fervents du clair de lune et des soirs étoilés,
Nous allions réveiller les nénufars des plages,
Inclinant sur les flots leurs corps immaculés.

Et nous aimions unir nos riantes images
Aux scintillants reflets des milliers d'astres d'or,
Dans l'immense miroir du Saint-Laurent qui dort.

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2011-06-15T00:33:00+02:00

Charles GILL (1871-1918) Premier amour

Publié par Stéphanie
Charles GILL (1871-1918)


Premier amour

I

Nous nous étions connus tout petits à l'école.
Comme son père était de mon père voisin,
Nous partions tous les deux sac au dos le matin
Nos têtes s'encadraient d'une même auréole.

Dans la rose candeur du sourire enfantin,
Nous étions bons amis. Quand les flots du Pactole
Roulaient chez l'un de nous, par hasard, une obole,
Nous divisions toujours en deux parts le festin.

Souvent, aux lendemains de mes fainéantises,
Me laissant consulter en route son devoir,
Elle sut m'épargner l'horreur du cachot noir.

Moi, je grimpais pour elle à l'arbre des cerises,
Pour elle je pillais la vigne et le pommier,
Et je la défendais comme un bon chevalier.

II

Plus tard, à l'âge d'or où dans notre poitrine
Vibre l'enchantement des frissons amoureux,
A l'âge où l'on s'égare au fond des rêves bleus,
Sans songer à demain et ce qu'il nous destine,

Sous les érables du grand parc, à la sourdine,
Nous nous cachions, loin des oreilles et des yeux,
Et, son front virginal penché sur mes cheveux,
Ensemble nous lisions le divin Lamartine.

Oui ! nous avons vécu l'âge de nos seize ans
Où le coeur entend mieux ce que la lyre exprime,
Parmi les vers d'amour frappés au coin sublime.

Oui ! nous avons connu les baisers innocents,
Sur le lac de cristal que la nacelle effleure,
Devant le livre ouvert à la page où l'on pleure.


III

Comme ils coulaient heureux ces beaux jours d'autrefois !
Comme nous nous aimions avec nos âmes blanches !
Dans les sentiers discrets émaillés de pervenches
Qu'épargnaient en passant ses brodequins étroits,

Nous allions écouter l'harmonieuse voix
Des souffles attiédis qui chantaient dans les branches ;
Nous mêlions au murmure infini des grands bois
L'écho de nos serments et de nos gaîtés franches.

Fervents du clair de lune et des soirs étoilés,
Nous allions réveiller les nénufars des plages,
Inclinant sur les flots leurs corps immaculés.

Et nous aimions unir nos riantes images
Aux scintillants reflets des milliers d'astres d'or,
Dans l'immense miroir du Saint-Laurent qui dort.

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2011-06-15T00:32:00+02:00

Charles GILL (1871-1918) Patrie

Publié par Stéphanie
Charles GILL (1871-1918)


Patrie

Patrie ! ô nom sacré, te comprenons-nous bien ?
Ce n'est pas seulement tel espace de terre
Dont un traité brutal a fixé la frontière,
Qu'évoque pour nos coeurs ton sens magicien.
C'est plus que tout cela, Canadiens, la patrie !
C'est le bleu Saint-Laurent, c'est le noir Saguenay ;
C'est la sainte douleur d'un peuple abandonné,
Notre foi, notre histoire et sa chevalerie,
Le respect du passé, l'espoir en l'avenir ;
C'est l'honneur des vaincus dans la lutte inégale...
Champlain, Brébeuf, Montcalm, Frontenac et Lasalle !
La patrie, ô grands morts, c'est votre souvenir.

Voir les commentaires

2011-06-15T00:32:00+02:00

Charles GILL (1871-1918) Patrie

Publié par Stéphanie
Charles GILL (1871-1918)


Patrie

Patrie ! ô nom sacré, te comprenons-nous bien ?
Ce n'est pas seulement tel espace de terre
Dont un traité brutal a fixé la frontière,
Qu'évoque pour nos coeurs ton sens magicien.
C'est plus que tout cela, Canadiens, la patrie !
C'est le bleu Saint-Laurent, c'est le noir Saguenay ;
C'est la sainte douleur d'un peuple abandonné,
Notre foi, notre histoire et sa chevalerie,
Le respect du passé, l'espoir en l'avenir ;
C'est l'honneur des vaincus dans la lutte inégale...
Champlain, Brébeuf, Montcalm, Frontenac et Lasalle !
La patrie, ô grands morts, c'est votre souvenir.

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2011-06-15T00:30:00+02:00

Charles GILL (1871-1918) Les chercheurs d'or

Publié par Stéphanie
Charles GILL (1871-1918)


Les chercheurs d'or

Ambitieux poussés par une même faim,
Urbain au geste digne, et voyou de la rue,
Racaille, paysan qui laisse sa charrue,
Ils vont dans l'ignoré défier le destin.

Sous un ciel sans soleil poursuivant son chemin,
Au milieu de la plaine inquiétante et nue,
C'est peut-être à la mort que court cette cohue
Ruée aveuglément à son espoir lointain...

Affamés qui jouez contre l'or votre vie,
Foule dont l'âme avide au gain est asservie,
Arrêtez-vous devant l'exemple du passé !

Mesurez jusqu'au bout l'immense et blanc suaire,
Écoutez la chanson que la bise polaire
Souffle à travers les os jonchant le sol glacé !

Voir les commentaires

2011-06-15T00:30:00+02:00

Charles GILL (1871-1918) Les chercheurs d'or

Publié par Stéphanie
Charles GILL (1871-1918)


Les chercheurs d'or

Ambitieux poussés par une même faim,
Urbain au geste digne, et voyou de la rue,
Racaille, paysan qui laisse sa charrue,
Ils vont dans l'ignoré défier le destin.

Sous un ciel sans soleil poursuivant son chemin,
Au milieu de la plaine inquiétante et nue,
C'est peut-être à la mort que court cette cohue
Ruée aveuglément à son espoir lointain...

Affamés qui jouez contre l'or votre vie,
Foule dont l'âme avide au gain est asservie,
Arrêtez-vous devant l'exemple du passé !

Mesurez jusqu'au bout l'immense et blanc suaire,
Écoutez la chanson que la bise polaire
Souffle à travers les os jonchant le sol glacé !

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2011-06-15T00:20:00+02:00

Charles GILL (1871-1918) L'Aigle

Publié par Stéphanie
Charles GILL (1871-1918)


L'Aigle

Dans cette cage où des bourreaux l'avaient jeté,
L'espérance faisait frémir ses grandes ailes,
Et sans que le malheur eût vaincu sa fierté,
Son regard convoitait les sphères éternelles.

Je mis fin à l'horreur de sa captivité ;
Son âme illumina ses puissantes prunelles,
Quand, déployant l'ampleur de ses formes si belles,
Il monta dans l'azur et dans la liberté.

Si ton coeur m'a gardé de la reconnaissance,
Tu peux payer bien cher ta simple délivrance,
Toi qui fuis maintenant vers les astres de Dieu !

Conquérant de l'espace, emporte ma mémoire !
Daigne m'associer à ton immense gloire,
Lorsque tu planeras dans le beau pays bleu !

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2011-06-15T00:20:00+02:00

Charles GILL (1871-1918) L'Aigle

Publié par Stéphanie
Charles GILL (1871-1918)


L'Aigle

Dans cette cage où des bourreaux l'avaient jeté,
L'espérance faisait frémir ses grandes ailes,
Et sans que le malheur eût vaincu sa fierté,
Son regard convoitait les sphères éternelles.

Je mis fin à l'horreur de sa captivité ;
Son âme illumina ses puissantes prunelles,
Quand, déployant l'ampleur de ses formes si belles,
Il monta dans l'azur et dans la liberté.

Si ton coeur m'a gardé de la reconnaissance,
Tu peux payer bien cher ta simple délivrance,
Toi qui fuis maintenant vers les astres de Dieu !

Conquérant de l'espace, emporte ma mémoire !
Daigne m'associer à ton immense gloire,
Lorsque tu planeras dans le beau pays bleu !

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