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joseph lenoir (1822-1861)

2011-06-15T18:51:00+02:00

Joseph LENOIR (1822-1861) Rêve de l'exilé

Publié par Stéphanie
Joseph LENOIR (1822-1861)


Rêve de l'exilé

Banni de ses foyers, sur la rive étrangère,
Il gémissait captif au sein de la douleur ;
Une larme parfois humectait sa paupière
Quand, en doux souvenir de sa pauvre chaumière,
L'espoir se mêlait par son prestige enchanteur.

Comme l'on voit le lis à la teinte argentine
Dans l'ombre de la nuit se faner et mourir,
Ou le saule de deuil dont la branche s'incline
Sur la tombe là-bas au pied de la colline,
Malheureux, il sentait son âme se flétrir.

Un jour sous le vieux chêne aux ombres solitaires
Pensif, il s'endormit au bruit lointain des vents,
Et l'ange du sommeil sur ses ailes légères
Soudain le transporta vers le toit de ses pères
Et là lui fit goûter de suaves instants.

"Salut ! s'écriait-il, ô terre que j'adore !
"Salut ! beau St-Laurent, sur tes rives encore
"Je renais au bonheur.
"A genoux sur ce sol de mon âme brûlante
"J'ose élever vers toi l'hymne reconnaissante
"Ecoute le Seigneur.

"J'arrive avec transports sous le riant feuillage
"Qui recouvre á demi de ses tranquille ombrage (sic)
"Mon paisible séjour.
"Assez longtemps souffrir, ne pleure plus ma mère,
"De ton sein déchiré bannis la paix amère,
"Ton fils est de retour.

"Salut, champs fortunés !... mais grand Dieu ! je frissonne
"En parcourant ces lieux mon pied tremblant résonne
"Sur des crânes brisés.
"Victimes d'un beau zèle ils périrent en braves,
"Ces héros glorieux maudissant leurs entraves
"Sous le joug oppressés,

"Ombres de mes amis ! Ombres que je vénère !
"Voyez enfin nos fronts sortir de la poussière,
"Voyez tarir nos pleurs,
"Nos voeux sont couronnés; la fortune attendrie
"Dessinant de la paix l'auréole chérie
"Termine nos malheurs.

Mais une voix frappe mon oreille attentive,
Lui montrant son pays bien au-delà des mers ;
C'était le bruit des flots, et la vague plaintive
Dont la rage éveillait les échos des rochers.

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2011-06-15T18:51:00+02:00

Joseph LENOIR (1822-1861) Rêve de l'exilé

Publié par Stéphanie
Joseph LENOIR (1822-1861)


Rêve de l'exilé

Banni de ses foyers, sur la rive étrangère,
Il gémissait captif au sein de la douleur ;
Une larme parfois humectait sa paupière
Quand, en doux souvenir de sa pauvre chaumière,
L'espoir se mêlait par son prestige enchanteur.

Comme l'on voit le lis à la teinte argentine
Dans l'ombre de la nuit se faner et mourir,
Ou le saule de deuil dont la branche s'incline
Sur la tombe là-bas au pied de la colline,
Malheureux, il sentait son âme se flétrir.

Un jour sous le vieux chêne aux ombres solitaires
Pensif, il s'endormit au bruit lointain des vents,
Et l'ange du sommeil sur ses ailes légères
Soudain le transporta vers le toit de ses pères
Et là lui fit goûter de suaves instants.

"Salut ! s'écriait-il, ô terre que j'adore !
"Salut ! beau St-Laurent, sur tes rives encore
"Je renais au bonheur.
"A genoux sur ce sol de mon âme brûlante
"J'ose élever vers toi l'hymne reconnaissante
"Ecoute le Seigneur.

"J'arrive avec transports sous le riant feuillage
"Qui recouvre á demi de ses tranquille ombrage (sic)
"Mon paisible séjour.
"Assez longtemps souffrir, ne pleure plus ma mère,
"De ton sein déchiré bannis la paix amère,
"Ton fils est de retour.

"Salut, champs fortunés !... mais grand Dieu ! je frissonne
"En parcourant ces lieux mon pied tremblant résonne
"Sur des crânes brisés.
"Victimes d'un beau zèle ils périrent en braves,
"Ces héros glorieux maudissant leurs entraves
"Sous le joug oppressés,

"Ombres de mes amis ! Ombres que je vénère !
"Voyez enfin nos fronts sortir de la poussière,
"Voyez tarir nos pleurs,
"Nos voeux sont couronnés; la fortune attendrie
"Dessinant de la paix l'auréole chérie
"Termine nos malheurs.

Mais une voix frappe mon oreille attentive,
Lui montrant son pays bien au-delà des mers ;
C'était le bruit des flots, et la vague plaintive
Dont la rage éveillait les échos des rochers.

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2011-06-15T18:50:00+02:00

Joseph LENOIR (1822-1861) Dayelle. Orientale

Publié par Stéphanie
Joseph LENOIR (1822-1861)


Dayelle. Orientale

Douce brise du soir, haleine parfumée,
Qu'exhale, en expirant, le vaste sein du jour,
Ah ! puisses-tu bientôt, sur la couche embaumée
Où Dayelle s'agite, (oh ! je l'ai tant aimée !)
Porter à son oreille un mot de mon amour !

Allah ! je n'ai plus rien qu'un chétif dromadaire !
Un fakir, l'autre jour, m'a ravi mon caftan !
Une Circassienne, achetée au vieux Caire,
A tué ma cavales !.... Et je suis solitaire,
Comme un des noirs muets du sérail du Sultan !

Car, voyez-vous, c'est elle ! une odalisque pâle,
Dont l'oeil noir étincelle au milieu de ses pleurs,
C'est elle qui voulut que ma rouge cavale
A force de courir devint, comme l'opale,
Blanche sous son écume et pleine de douleurs !

Que la tente où parfois tu vas dormir, ma belle,
Quand le simoun en feu règne sur le désert,
Te soit une oasis, où ton pied de gazelle
Se pose sans frémir ! Que ton coursier fidèle
Y trouve une eau limpide, un gazon toujours vert !

Douce brise du soir, haleine parfumée,
Qu'exhale, en expirant, le vaste sein du jour,
Ah ! puisses-tu bientôt, sur la couche embaumée,
Où Dayelle s'agite, (oh ! je l'ai tant aimée !)
Porter à son oreille un mot de mon amour !

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2011-06-15T18:50:00+02:00

Joseph LENOIR (1822-1861) Le Génie des forêts

Publié par Stéphanie
Joseph LENOIR (1822-1861)


Le Génie des forêts

Il est dit qu'une fois, sur les arides plaines
Qui s'étendent là-bas dans les vieilles forêts,
L'esprit des noirs brouillards qui couvrent ces domaines
Dormit à l'ombre d'un cyprès.

Mais il n'était pas seul : l'air pensif, en cadence,
Pressés autour de lui, des hommes s'agitaient ;
Un chant rompit bientôt leur lugubre silence :
Voici quel chant ils écoutaient:

Foule de guerriers sans courage,
Je le sais et tu t'en souviens,
Parce que tu n'aimais qu'un indigne carnage,
Mes pères ont maudit les tiens.

Parce que tu mangeais des entrailles de femme,
Tu t'engraissais des chairs de tes amis,
Et que jamais, chez toi, n'étincelle la flamme,
Qu'autour de tremblants ennemis.

Va voir, si tu peux, au seuil de nos cabanes,
Les pâles et rouges débris
Des chevelures et des crânes
Qu'en ton sein autrefois ma hache avait surpris.

Foule de guerriers sans courage,
Je le sais et tu t'en souviens,
Parce que tu n'aimais qu'un indigne carnage,
Mes pères ont maudit les tiens.

Viens donc ! apporte la chaudière,
Tu boiras le jus de mes os !
Viens donc !l assouvis ta colère,
Tu ne m'entendras pas pousser de vains sanglots !

Ils frappent : les haches brisées
A leurs pieds tombent en éclats ;
Ils frappent : leurs mains épuisées
Restent sans vigueur à leurs bras.

Lui, cependant, avec un rire horrible,
Le cou tendu, les yeux sans mouvement,
Sur le roc qui voyait cette lutte terrible,
Il s'asseyait en murmurant:

Viens donc ! apporte la chaudière,
Tu boiras le jus de mes os !
Viens donc ! assouvis ta colère,
Tu n'entendras pas pousser de vains sanglots !

A la fin, bondissant de douleur et de rage,
L'esprit de la noire forêt
Jette dans l'air un cri rauque et sauvage,
Ecume, grince et disparaît.

Depuis, nul n'a foulé le morne solitaire,
Alors que les vents de la nuit
Aux horreurs qui couvrent la terre
Ont mêlé leur funèbre bruit.

Car une forme surhumaine,
Hâve, dégoûtante de sang,
Accourt du milieu de la plaine,
Y dresser son front menaçant.

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2011-06-15T18:50:00+02:00

Joseph LENOIR (1822-1861) Le Génie des forêts

Publié par Stéphanie
Joseph LENOIR (1822-1861)


Le Génie des forêts

Il est dit qu'une fois, sur les arides plaines
Qui s'étendent là-bas dans les vieilles forêts,
L'esprit des noirs brouillards qui couvrent ces domaines
Dormit à l'ombre d'un cyprès.

Mais il n'était pas seul : l'air pensif, en cadence,
Pressés autour de lui, des hommes s'agitaient ;
Un chant rompit bientôt leur lugubre silence :
Voici quel chant ils écoutaient:

Foule de guerriers sans courage,
Je le sais et tu t'en souviens,
Parce que tu n'aimais qu'un indigne carnage,
Mes pères ont maudit les tiens.

Parce que tu mangeais des entrailles de femme,
Tu t'engraissais des chairs de tes amis,
Et que jamais, chez toi, n'étincelle la flamme,
Qu'autour de tremblants ennemis.

Va voir, si tu peux, au seuil de nos cabanes,
Les pâles et rouges débris
Des chevelures et des crânes
Qu'en ton sein autrefois ma hache avait surpris.

Foule de guerriers sans courage,
Je le sais et tu t'en souviens,
Parce que tu n'aimais qu'un indigne carnage,
Mes pères ont maudit les tiens.

Viens donc ! apporte la chaudière,
Tu boiras le jus de mes os !
Viens donc !l assouvis ta colère,
Tu ne m'entendras pas pousser de vains sanglots !

Ils frappent : les haches brisées
A leurs pieds tombent en éclats ;
Ils frappent : leurs mains épuisées
Restent sans vigueur à leurs bras.

Lui, cependant, avec un rire horrible,
Le cou tendu, les yeux sans mouvement,
Sur le roc qui voyait cette lutte terrible,
Il s'asseyait en murmurant:

Viens donc ! apporte la chaudière,
Tu boiras le jus de mes os !
Viens donc ! assouvis ta colère,
Tu n'entendras pas pousser de vains sanglots !

A la fin, bondissant de douleur et de rage,
L'esprit de la noire forêt
Jette dans l'air un cri rauque et sauvage,
Ecume, grince et disparaît.

Depuis, nul n'a foulé le morne solitaire,
Alors que les vents de la nuit
Aux horreurs qui couvrent la terre
Ont mêlé leur funèbre bruit.

Car une forme surhumaine,
Hâve, dégoûtante de sang,
Accourt du milieu de la plaine,
Y dresser son front menaçant.

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2011-06-15T18:50:00+02:00

Joseph LENOIR (1822-1861) Dayelle. Orientale

Publié par Stéphanie
Joseph LENOIR (1822-1861)


Dayelle. Orientale

Douce brise du soir, haleine parfumée,
Qu'exhale, en expirant, le vaste sein du jour,
Ah ! puisses-tu bientôt, sur la couche embaumée
Où Dayelle s'agite, (oh ! je l'ai tant aimée !)
Porter à son oreille un mot de mon amour !

Allah ! je n'ai plus rien qu'un chétif dromadaire !
Un fakir, l'autre jour, m'a ravi mon caftan !
Une Circassienne, achetée au vieux Caire,
A tué ma cavales !.... Et je suis solitaire,
Comme un des noirs muets du sérail du Sultan !

Car, voyez-vous, c'est elle ! une odalisque pâle,
Dont l'oeil noir étincelle au milieu de ses pleurs,
C'est elle qui voulut que ma rouge cavale
A force de courir devint, comme l'opale,
Blanche sous son écume et pleine de douleurs !

Que la tente où parfois tu vas dormir, ma belle,
Quand le simoun en feu règne sur le désert,
Te soit une oasis, où ton pied de gazelle
Se pose sans frémir ! Que ton coursier fidèle
Y trouve une eau limpide, un gazon toujours vert !

Douce brise du soir, haleine parfumée,
Qu'exhale, en expirant, le vaste sein du jour,
Ah ! puisses-tu bientôt, sur la couche embaumée,
Où Dayelle s'agite, (oh ! je l'ai tant aimée !)
Porter à son oreille un mot de mon amour !

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2011-06-15T18:49:00+02:00

Joseph LENOIR (1822-1861) Amour

Publié par Stéphanie
Joseph LENOIR (1822-1861)


Amour

A quoi pense la jeune fille,
Celle qui rit, chante et s'habille,
En se regardant au miroir ;
Qui, posant les mains sur ses hanches,
Dit : Oh ! mes dents sont bien plus blanches
Que le lin de mon blanc peignoir ?

Elle se promet, folle reine,
De régner fière et souveraine,
Au milieu des parfums du bal ;
Elle compose son sourire,
Afin que d'elle on puisse dire :
Son amour à tous fut fatal !

A quoi pense cette autre blonde,
Quand sa chevelure l'inonde
Comme un vêtement de satin ?
Dès l'aube, avant qu'elle se lève,
Sa lèvre sourit au doux rêve
Qu'elle fait du soir au matin !

Quelle sera sa destinée ?
Est-ce que cette fille est née,
Chaste fleur, pour tomber un jour ?
Voyez ! la pure fiancée !
Elle court où va sa pensée !
Elle se perd par trop d'amour !

Celle-là, brune paresseuse,
Laisse sa prunelle rêveuse
Errer par le ciel de la nuit !
Voici qu'une étoile qui passe
Fait parcourir un large espace
A son grand oeil noir qui la suit !

Elle se penche à la fenêtre,
Et se dit : il la voit peut-être !
Que ne puis-je voler ainsi !
Etoile d'amour, je t'envie !
Je voudrais vivre de la vie,
Pour ne plus soupirer ici !

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2011-06-15T18:49:00+02:00

Joseph LENOIR (1822-1861) Amour

Publié par Stéphanie
Joseph LENOIR (1822-1861)


Amour

A quoi pense la jeune fille,
Celle qui rit, chante et s'habille,
En se regardant au miroir ;
Qui, posant les mains sur ses hanches,
Dit : Oh ! mes dents sont bien plus blanches
Que le lin de mon blanc peignoir ?

Elle se promet, folle reine,
De régner fière et souveraine,
Au milieu des parfums du bal ;
Elle compose son sourire,
Afin que d'elle on puisse dire :
Son amour à tous fut fatal !

A quoi pense cette autre blonde,
Quand sa chevelure l'inonde
Comme un vêtement de satin ?
Dès l'aube, avant qu'elle se lève,
Sa lèvre sourit au doux rêve
Qu'elle fait du soir au matin !

Quelle sera sa destinée ?
Est-ce que cette fille est née,
Chaste fleur, pour tomber un jour ?
Voyez ! la pure fiancée !
Elle court où va sa pensée !
Elle se perd par trop d'amour !

Celle-là, brune paresseuse,
Laisse sa prunelle rêveuse
Errer par le ciel de la nuit !
Voici qu'une étoile qui passe
Fait parcourir un large espace
A son grand oeil noir qui la suit !

Elle se penche à la fenêtre,
Et se dit : il la voit peut-être !
Que ne puis-je voler ainsi !
Etoile d'amour, je t'envie !
Je voudrais vivre de la vie,
Pour ne plus soupirer ici !

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