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napoleon aubin (1812-1890)

2013-02-23T19:44:00+01:00

Napoléon de Napoléon Aubin

Publié par Stéphanie
Napoléon

de Napoléon Aubin

Il dort! ce héros dont la gloire
Verra la fin de l’avenir!
Il dort! on entend la victoire
Le rappeler par un soupir.
Tous avec moi versez des larmes,
Guerriers que respecta la mort;
Car vous direz, posant vos armes :
Il dort! Il dort!
Il dort, hélas! il faut le dire,
Pour ne se réveiller jamais!
Il dort, et Clio va redire
Quel fut pour lui le nom français :
Oui, ce beau nom, vous dira-t-elle,
Pourrait être terrible encor...
Mais, le héros que je rappelle,
Il dort! Il dort!
Il dort et sa tête repose
Sur des lauriers dus au vainqueur.
Il dort et son apothéose
Se grave au temple de l’honneur.
Tous avec moi versez des larmes,
Guerriers que respecta la mort;
Car vous direz, posant vos armes :
Il dort! Il dort!

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2013-02-23T19:43:00+01:00

Les Français En Canada de Napoléon Aubin

Publié par Stéphanie

Les Français En Canada

de Napoléon Aubin

Air : Voeux français.
Fils éloignés d’une même patrie,
Par le destin, séparés, dispersés,
Nous pleurions tous cette mère chérie,
Sa vieille gloire et nos beaux jours passés!...
Mais dans les cieux un grand nom luit encore
Sur un drapeau par un aigle emporté;
Pour nous alors l’étendard tricolore
Est l’arc-en-ciel de la fraternité!
Pour nous alors l’étendard tricolore
Est l’arc-en-ciel de la fraternité!
À l’exilé sur ces pages lointaines
Qui cherche un baume à de vives douleurs,
« Mêlons nos pleurs et partageons nos peines, »
Lui dirons-nous en montrant nos couleurs;
« Des vieux soldats, des fils du grand empire
« Se sont unis sous un nom respecté,
« Sur leur bannière ils ne veulent écrire
« Que Bienfaisance, Union, Fraternité! »
Loin du pays qui nous donna la vie,
Nous retrouvons des frères, des amis,
Un noble sang et même sympathie,
Des souvenirs par nos aïeux transmis!...
Jetons ensemble un soupir vers la France...

Disons un voeu que l’espoir a dicté,
Lorsque vers vous tout notre coeur s’élance,
Serrons nos mains avec fraternité!
Toi dont la main nous jetait tant de gloire,
Protège-nous sous l’abri de ton nom!
Le temps n’est plus qui voulait la victoire :
Notre seul but est la paix et l’union.
Laissons l’envie attaquer la bannière
Qui nous guida vers l’immortalité;
Pour le grand homme ayons une prière!...
Et parmi nous de la fraternité!

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2013-02-23T19:42:00+01:00

Quarante Ans de Napoléon Aubin

Publié par Stéphanie


Quarante Ans

de Napoléon Aubin

Ah! qu’à dix ans, le réveil de l’aurore
À ma jeune âme apportait de gaîté!
Sur mon visage il paraissait éclore,
Comme une fleur de joie et de santé.
Notre soleil est-il moins chaud, plus pâle?
De mon jardin ses feux sont-ils exclus?
N’avons-nous plus la brise matinale?
Rien n’est changé! mais j’ai trente ans de plus.
Comme à vingt ans je croyais ma maîtresse,
Que mes amis me semblaient précieux.
Je n’aurais pu chercher sous leurs caresses
Le piège adroit qui fascinait mes yeux.
À leurs serments pourquoi donc faire injure,
Et maintenant douter de leurs vertus?
L’homme est-il faux et la femme parjure?
Rien n’est changé! mais j’ai vingt ans de plus.
Quand j’eus trente ans, je désirai la gloire,
Je la briguai dans ma prose et mes vers :
Charmante erreur, hélas! qui me fit croire
Qu’un jour mon nom parcourrait l’univers.
Brillants rayons qu’avait la renommée,
Pourquoi pâlir à mes yeux abattus?
Quoi! votre éclat n’était-il que fumée?
Rien n’est changé! mais j’ai dix ans de plus.


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2013-02-23T19:40:00+01:00

À Jenny de Napoléon Aubin.

Publié par Stéphanie

À Jenny

de Napoléon Aubin.

Je ne veux plus être fidèle,
Le changement fait le bonheur;
L’amour doit voltiger de belle en belle,
Le papillon de fleur en fleur.
J’avais, d’une trop aimable amie,
Fait choix pour embellir mes jours,
La croyant simple autant que jolie,
J’espérais être aimé toujours.
Mais ah! quel douloureux moment,
Lorsque je vis que bien souvent,
Le soir un autre amant
S’offrant,
Charmait celle que durant ma vie
J’aurais adoré constamment.
Je ne veux plus être fidèle,
Le changement fait le bonheur;
L’amour doit voltiger de belle en belle,
Le papillon de fleur en fleur.
Désormais, je n’aurai plus d’alarmes,
De transports, de soupçons fâcheux;
Mes yeux ne verseront plus de larmes,
Qu’au souvenir de jours heureux.
Oui, je suis sûr que chaque instant,
L’amour est un cruel tourment;
Pour un fidèle et constant
Amant,
Sa belle, à ses yeux, n’a de charmes,
Qu’autant qu’elle aime constamment.
Je ne veux plus être fidèle,
Le changement fait le bonheur;
L’amour doit voltiger de belle en belle,
Le papillon de fleur en fleur.
Cependant, si jamais l’infidèle
Revenait à moi quelque jour,
J’oublierais tout; car elle est si belle!
Toujours on pardonne à l’amour.
Mais je crains cet objet charmant :
Pourrais-je croire à ses serments?
Ne suis-je pas dès longtemps
Souffrant?
Je sais que jamais la cruelle
Ne saurait aimer constamment.
Je ne veux plus être fidèle,
Le changement fait le bonheur;
L’amour doit voltiger de belle en belle,
Le papillon de fleur en fleur.

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2013-02-23T19:39:00+01:00

Chant D’Une Mère Au Berceau De Son Enfant de Napoléon Aubin

Publié par Stéphanie


Chant D’Une Mère Au Berceau De Son Enfant

de  Napoléon Aubin



Dors, mon enfant; sur ton destin
Nul orage aujourd’hui ne gronde;
Ton innocence à ton matin,
Est en paix avec tout le monde.
Sur le fleuve des premiers jours,
Ton berceau s’enfuit et dérive,
Et ton oeil suivant son beau cours,
Ne voit que des fleurs sur la rive.
Que de souhaits, combien de voeux
Planent sur ta frêle nacelle!
Quand les flots l’emportent sur eux,
Mon espoir vole devant elle.
Sur les rêves de l’avenir,
Oui, mon âme en riant s’élance;
Je vois mon bonheur à venir
Dans ce berceau que je balance.
Nul remords, nul triste souci,
Ne rend ton existence amère,
Que le sort te sourie aussi
Comme tu souris à ta mère!

Cher enfant! quand de mes aïeux
Je joindrai la froide poussière,
Comme ces chants ferment tes yeux,
Que ta main ferme ma paupière!

Souvenirs
Oh! mon pays, heureuse terre!
Où le sort plaça ma carrière,
Ton image à notre bonheur
Si chère
Remplit de son charme enchanteur
Le coeur.
Tes lacs où des monts se reflètent,
Tes eaux qui sur des rocs se jettent,
Quand nous en sommes éloignés,
Répètent :
Ô vous qui nous abandonnez
Venez!
Nous rêvons à ce toit champêtre,
À ce vallon qui nous vit naître,
À ces rochers, à ces grands bois
De hêtre,
Où l’écho redit tant de fois
Nos voix.
Le soir quand le soleil décline,
On entend la cloche argentine
Du troupeau qui dans la forêt
Chemine,
Et qui vient donner au châlet
Son lait.
Oui, mon pays, ta douce image
Nous poursuit au lointain rivage.
De tes lacs alors, vient s’offrir
La plage,
Et nous voulons y revenir
Mourir.

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2013-02-23T19:36:00+01:00

L’Amour De La Patrie de Napoléon Aubin.

Publié par Stéphanie

L’Amour De La Patrie

de Napoléon Aubin.

Pourquoi suis-je amoureux du sol de ma patrie?
Pourquoi la préférai-je au pays le plus beau?
Et pourquoi mon désir que la même patrie
Où joua mon enfance accueille mon tombeau?
Pourquoi mon âme est-elle abattue, alarmée,
Quand je quitte à regret la ville où je suis né?
Que je n’aperçois plus ondoyer la fumée
Du toit qui me prêtait son abri fortuné?
Et si j’ai terminé ma course aventurière,
Que mon oeil voit déjà les bords du Saint-Laurent,
L’aspect des tristes lieux où repose ma mère,
Pourquoi pour m’attendrir est-il un talisman?
Pourquoi, si des amis stimulant ma paresse,
Me disent : « Voyagez pour former votre goût, »
À suivre ce conseil qui me chasse et me presse
N’éprouvai-je jamais que tiédeur et dégoût?
C’est que je ne suis bien qu’au foyer de mes pères;
Là ma vie est plus douce et mes destins meilleurs :
Je ressemble à ces fleurs qui n’ont de jours prospères
Qu’au lieu de leur naissance et qui meurent ailleurs!

J’y trouve les objets de ma première ivresse,
L’arbre qui me donnait son ombrage et ses fruits,
Le beau fleuve où, nageur, j’exerçai mon adresse,
Le collège où coulaient mes jeux et mes ennuis.
Là j’eus les compagnons de mes belles années;
L’absence dans mon coeur n’a point versé l’oubli;
Chaque jour j’aime à voir leurs têtes fortunées;
Leur nom dans le passé n’est point enseveli.
J’aime à vivre avec eux. Sur un autre rivage
Je ne pourrais fixer mes pas et mon séjour;
Mon âme loin d’ici languit dans le veuvage
Et ne saurait se plaire aux amitiés d’un jour.
Je vivrais au vallon où Dieu m’a donné l’être,
Mon pays est si beau! Que chercherais-je ailleurs?
Quel air serait plus pur, quel site plus champêtre?
Quelle terre embaumée étale plus de fleurs?
J’aime à voir l’horizon bordé de ces montagnes
Que gravissaient ma course et mes pas enfantins;
J’aime à rêver au sein de ces mêmes campagnes
Où les jeux du bas âge ont bercé mes destins.
Tout vient y réveiller ma pensée endormie :
Le lieu le plus aride est un doux souvenir;
Même un roc décharné, sur cette terre amie,
D’un bonheur qui n’est plus, me peut entretenir.

Je m’y sens imprégné d’une tendre atmosphère
Où respire pour moi la paix et l’amitié :
Le bonheur que j’éprouve ou bien le sort contraire
Y trouvent tour à tour la joie et la pitié.
Voilà pourquoi mon coeur sera toujours fidèle,
À la terre adorée où coule mon destin;
Voilà pourquoi ma vie, enchaînée auprès d’elle,
Veut s’endormir le soir où brilla son matin.

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2013-02-23T19:35:00+01:00

Épitaphe de Napoléon de Napoléon Aubin.

Publié par Stéphanie


Épitaphe de Napoléon

de Napoléon Aubin.

.....Shall orphan hands.
Inscribe it with their fathers broken swords!
Or the warm trickling of the widows tear
Channel it slowly in the rugged rock?
As the keen torture of the water drop
Doth wear the sentenced brain, etc (1)
Un auteur anglais.

Une épitaphe? à lui!... Mais qui vous la demande?...
Que quelque roi mesquin d’avance la commande,
De peur qu’après sa mort, abandonné, maudit,
De tous les souvenirs son nom ne soit proscrit!
Qu’il appelle à grands frais des flatteurs hypocrites;
Qu’il donne de l’argent pour des vertus écrites...
Vous me faites pitié! mais lui! mais le héros!
Eh! pour l’éterniser est-il besoin de mots?
N’a-t-il pas, subissant votre haine mortelle,
Inscrit sur tous vos fronts une honte éternelle,
Quand sur un triste roc, seul avec son geolier,
(De la fourbe alliance un scélérat limier,)
Il mourait jour par jour, rajeunissant les gloires
Que vous abolissiez dans vos sombres prétoires?
Mais quoi! son épitaphe? elle fut à sa voix,
De sa plume de fer gravée au coeur des rois!
Puis, n’a-t-il pas aux grands, de son trône suprême,
Dicté pour l’avenir un palpitant poème?
Et vous le condamnez, quand par d’abjects détours
L’inique Talleyrand, prostitué des cours,
Le vendait pour de l’or aux puissances craintives!
Vous voulez confier à des pierres chétives
Le soin de célébrer ses glorieux revers?
Et son nom rebondit partout dans l’univers!
Et vous le condamnez, quand des hordes sauvages
Accouraient par millions des serviles rivages!
Honte à vous!... Il tomba... mais son sceptre brisé
Remonta jusqu’au ciel, de hauts faits pavoisé.
Lâches! son épitaphe appartient à l’histoire :
On verra votre opprobre à côté de sa gloire,
Et la pitié lira : l’étique Wellington,
Enharnaché de croix, près de Napoléon.
Oui, l’orphelin pleure et la veuve soupire;
L’humanité se plaint, -mais le génie admire!
Anglais! respectez-le, soyez plus généreux;
Car, banni de la France -il fut si malheureux!
Quelque jour on dira qu’un héros sans défense
À son noble ennemi donna sa confiance :
-L’ennemi, dira-t-on, à son secours vola?

-Non, crîra l’histoire, le traître il l’immola!
C’est assez pour sa gloire! ah! ne reprochez pas
Qu’on ait avec silence entendu son trépas!
Un éloge pompeux serait une satire :
Dites sur son tombeau qui ôserait l’écrire?


(1) L’orphelin pour la tracer prendra-t-il le glaive brisé
de son père? ou les larmes ruisselantes de la veuve la
creuseront-elles lentement sur le rocher durci, comme
l’aigre torture d’une goutte d’eau qui, tombant toujours
au même endroit, perce le crâne du condamné?

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2013-02-23T19:34:00+01:00

Le Jeune Polonais de Napoléon Aubin.

Publié par Stéphanie

Le Jeune Polonais.
(Traduction Libre.)

de Napoléon Aubin.

« Va!... cours où succomba ton père
« Dans son séjour victorieux;
« Puisses-tu, fils chéri! brillant dans ta carrière,
« Suivre un cours glorieux!
« Écoute!... le pays t’appelle...
« Il combat pour sa liberté!
« Laisse ta demeure pour une autre éternelle...
« Le sentier de la gloire, à toi, s’est présenté... »
En bénissant ton fils, pleure, pleure, pauvre mère,
Ton fils!... Il veut venger son père...
« Souviens-toi de ta première amante,
« Souviens-toi de tes premiers voeux;
« Elle t’unira dans sa prière fervente
« Aux braves dans les cieux.
« Quand tu vaincras un adversaire,
« O! pense aux pleurs qu’elle a versées!
« Puissent-ils te servir d’égide salutaire...
« Pologne!... pleure tes guerriers. »
Le guerrier part... Vierge! gémis sur sa victoire,
Son premier... et dernier champ de gloire!
Dans les combats, tous se pressèrent
Sur les pas de la liberté;
Mais sous de brutales masses ils succombèrent!
Le tyran seul a triomphé...
Le sort, aux portes de la vie,
Du tendre fils trancha les jours...
La mère pleure sur son fils, sur sa patrie,
La vierge pleure sur ses amours!
Il dort! Il est libre! respectez le courage!
Lauriers! prêtez-lui votre ombrage...

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2013-02-23T03:13:00+01:00

Le Juste Milieu de de Napoléon Aubin.

Publié par Stéphanie

Le Juste Milieu

de Napoléon Aubin.

L’on exagère en ce bas monde,
Et l’homme est entier dans son goût :
L’un ne voit de beau que la blonde,
Pour un autre la brune est tout.
L’un singeant la philosophie,
Se rengorge dans son savoir,
Prétend que femme n’est jolie,
Que méditant un livre noir.
Je préfère à tous ces systèmes,
Le plus grand, le plus précieux :
Amis! évitons les extrêmes...
C’est toujours bien moins périlleux!
Si l’on voit se faisant la guerre
Les ultras et les libéraux,
Du moins on ne me verra guère
Disputer avec ces héros.
C’est différent près d’une belle,
J’aspire à pouvoir me trouver
Ultra, dans mon amour pour elle,
Libéral, s’il faut le prouver.
Je préfère à tous ces systèmes,
Le plus grand, le plus précieux :
Amis! évitons les extrêmes...
C’est toujours bien moins périlleux!

Le classique et le romantique
Doivent ennuyer Apollon;
L’incrédule et le fanatique
Font souvent rougir la raison.
Et morale et littérature,
Cela même est exagéré;
Je crois que jusqu’à la nature
Ce siècle a tout dénaturé!
Je préfère à tous ces systèmes,
Le plus grand, le plus précieux :
Amis! évitons les extrêmes...
C’est toujours bien moins périlleux!
Le pauvre n’est jamais tranquille,
Le riche est rarement joyeux,
Un ignorant est inutile,
Un savant peut être ennuyeux.
Le vrai bonheur, suivant Horace,
Est dans la médiocrité;
C’est là que j’ai trouvé ma place;
Aussi j’y suis toujours resté.
Je préfère à tous ces systèmes,
Le plus grand, le plus précieux :
Amis! évitons les extrêmes...
C’est toujours bien moins périlleux!

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2013-02-23T03:12:00+01:00

La Suisse Libre de Napoléon Aubin

Publié par Stéphanie

La Suisse Libre
CHANSON

de Napoléon Aubin



Flatteur, quand ta muse vénale
D’un maître altier fait l’objet de tes chants;
Alors que ta lyre banale
Va ramper aux pieds des tyrans;
Sur les bords du lac de Genève,
Ma voix plus librement s’élève,
Son élan n’est point arrêté.
De l’Helvétie, ô ma patrie!
Moi, je chante la liberté.
Quand par des tyrans avilie,
L’Europe esclave agite en vain ses fers;
Quand le despotisme en furie,
Parcourt, en grondant, l’univers;
Du sein riant de ses campagnes,
Jusqu’au sommet de ses montagnes,
La Suisse dit avec fierté :
De l’Helvétie, ô ma patrie!
Moi, je chante la liberté.
Liberté, reine de nos âmes,
Lorsque des rois enchaînent ton autel,
Embrase toujours de ta flamme
Les coeurs des descendants de Tell.

Accours, Déesse fugitive,
Puisse à jamais sur cette rive
Chacun dire avec vérité :
De l’Helvétie, ô ma patrie!
Moi, je chante la liberté.

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